Pinhole, La tour Eiffel c'est à Paris

Photo pinhole à Paris, La tour Eiffel c'est à Paris

     Photos sténopés en noir et blanc de Paris la ville

TROU DE MEMOIRE (Gedächnislücke / Memory lapse)

Il faut savoir aller se mettre dans un coin d’ombre et regarder le monde de NOUVEAU sous une autre perspective.*
Cet œil-là offre le coin d’ombre et un élargissement en même temps qu’un bousculement des perspectives - ici précipitées dans un trou : le sténopé de la camera oscura des boîtes de Whisky de C.H. A l’heure de l’œil scrutateur et violateur des caméras de surveillance, on se prend à rêver d’en saboter le système, le priver de la faculté d’enregistrer les êtres et objets en mouvement, pour recouvrer la confiance en l’image et sa fixité, bonheur égal à celui de la mémoire involontaire, fortuite et indomptable comme l’est cette photographie, qui n’est pas une prise de l’image par l’œil, mais une entrée de l’image dans un trou par la seule magie de la lumière pénétrante. Au rythme ininterrompu du temps, l’image se fixe en négatif sur le support de papier enfermé dans la boîte, avant de recevoir une nouvelle projection de lumière dans l’obscurité du laboratoire pour s’imprimer en positif sur une autre feuille de papier. La forme de la boîte fait l’ivresse : C.H. l’a choisie haute et arrondie pour ajouter des rondeurs au panorama de la prise de vue et la cerner dans un halo qui, en approfondissant la distance à l’objet, nous le rend plus secret. On voudrait percer celui de la photographe, qui vous dira que c’est l’enfance de l’art. On n’est en tout cas pas loin de celle de la photographie, dont un jeune physicien romantique allemand avait déjà eu l’intuition en 1801.
C’est de l’intuition d’un œil longtemps exercé à la photographie qu’il s’agit ici, plus que d’une approche technique méthodique. Mais à tous ceux qui seront tentés par ce mode photographique au charme archaïque, qui laisse – et exige – toute liberté d’expérimentations, ce travail se propose comme une introduction, un parcours illustré des plus belles images mémorisées au crible et dans la pénombre de la chambre éclairée.


Texte de Monique Rival

*Erich Kästner

 

 

 

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